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J-1 : a vote for change !

Barack Obama n’a plus que 24 heures devant lui, 24 heures pour mettre fin à huit ans de néoconservatisme, huit ans de choix politiques économiquement désastreux et socialement destructeurs. 24 heures enfin pour que l’Amérique redevienne une nation progressiste.

Après cinq mois de campagne nationale, les bureaux de vote ont déjà ouvert dans 31 Etats et 23 millions d’électeurs ont déjà glissé leur bulletin dans l’urne, dont une forte proportion serait majoritaire aux démocrates selon certains instituts de sondage. A 24 heures de l’élection, John McCain est réduit à défendre les Etats que George Bush avait pourtant assuré inviolables. Même si l’écart se réduit, il est toujours distancé par Barack Obama dans l’Ohio, en Floride, Virginie, Colorado et Nevada, tous avaient voté George Bush en 2004. Il se voit même menacé en Indiana, terre résolument républicaine où Joe Biden s’est rendu samedi 1er novembre. Sarah Palin a même fait un déplacement dans le Nebraska, l’un des rares Etats à diviser le nombre de grands électeurs selon les circonscriptions électorales. Depuis quand les républicains ont-ils besoin de faire campagne dans ces terres reculées du mid-west ? Comme si ce n’était pas assez, en fin de semaine les médias américains ont réservé une mauvaise surprise à la campagne républicaine. En Arizona, propre Etat de John McCain, l’écart s’est réduit, au point de forcer les républicains à lancer une campagne téléphonique sans précédant (les fameux « robot calls ») pour vanter les talents et l’expérience de leur sénateur. Nous ne sommes pas optimistes au point de croire que Barack Obama lui imposera une victoire jusque sous ses fenêtres, mais lorsqu’un candidat doit défendre son fief, espérons que cela ne présage rien de bon.

Cette élection n’est pas pour autant gagnée et l’histoire électorale américaine a su nous enseigner la prudence. La campagne démocrate ne cesse d’appeler ses troupes à faire campagne jusqu’à la dernière minute et l’Association Moveon.org a lancé une grande opération de volontaires de tous le pays dans les Etats en balance. On ne peut qu’admirer l’organisation Obama-Biden qui a su dynamiser et unir la base d’un parti déchiré par 14 mois de primaires et afficher unité avec ses anciens rivaux comme Al Gore, Hillary et Bill Clinton, en campagne en Floride et dans l’Ohio.

Les américains sont aujourd’hui devant un choix décisif pour ne pas dire historique. Si John McCain n’a rien d’un George Bush, le sénateur de l’Arizona sera dans l’incapacité de combler le fossé entre ces deux Amériques chères à John Edwards. Il sera incapable de résoudre le marasme social qui fait honte à la première puissance mondiale. Son programme économique n’a rien de révolutionnaire et ne pourra répondre aux attentes de la crise actuelle. Même s’il affirme se battre pour Joe the plumber et tous les Joe du pays vantant la liberté d’entreprendre, il ne répond pas aux attentes de l’américain de Mainstreet, à savoir comment sauver sa retraite placée en bourse au gré d’un système libéral dérégulé, comment rendre les universités américaines abordables et compétitives ou comment promouvoir l’éducation dans les zones défavorisées ? John McCain n’est pas seulement socialement dangereux, sa proximité avec Sarah Palin a de quoi faire pâlir. Sa candidate à la vice-présidence ne cache pas ses positions anti-avortement même en cas d’inceste ou de viol ou contre l’union civile entre personne de même sexe pour raisons religieuses. L’Amérique ne peut se permettre de revenir en arrière. 40 ans après l’adoption des droits civiques par le Président Johnson mettant fin à un siècle de ségrégation dans les Etats du sud, de nouveaux combats sociétaux sont encore à gagner et cette élection est historique en ce sens. A un seul juge près, la Cour Suprême est actuellement opposée à une révision de l’arrêt Roe vs. Wade qui autorisa l’avortement en 1973. Concernant le mariage gay, les associations évangéliques et ultraconservatrices californiennes ont déposé un recours à la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe. Outre le vote présidentiel, les californiens sont appelés à voter par référendum sur l’inscription dans la constitution d’Etat de l’interdiction du mariage homosexuel.

Cette élection est trop importante pour se permettre de nier l’histoire. A 24 heures de la fermeture des bureaux de vote, nous ne pouvons qu’appeler nos amis d’Outre Atlantique à faire le bon choix. Voter Barack Obama, c’est l’assurance du respect de la vie et des choix de chacun, c’est promouvoir une Amérique moderne où la religion, l’origine ethnique ou l’orientation sexuelle n’ont plus le poids qu’elles avaient par le passé. Voter Barack Obama, c’est changer le visage d’un pays où la tolérance n’était pas le fer de lance de l’administration sortante. Voter Barack Obama, ce n’est pas donner un chèque en blanc aux néo-communistes, comme osent le dire certains républicains ultra-libéraux, c’est avant tout et autant que possible promouvoir l’égalité sociale dans un pays qui en manque cruellement. Alors mardi 4 novembre soyons du bon côté de l’histoire, un seul choix, un seul vote : VOTE FOR CHANGE !

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