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Et voici la suite du post sur les élections sénatoriales : les résultats et quelques réflexions.
Les résultats :
1er tour : 2ème tour :
Inscrits : 748 Inscrits : 748
Votants : 742 Votants : 745
Nuls : 20 Nuls : 19
Exprimés : 722 Exprimés : 726
A. de Montesquiou : 380 R.Vall : 396
R.Vall : 290 JP.Pujol : 330
JP.Pujol : 268
R.Perrussan : 254
G.Marcet : 58
C.Bassac : 52
D. de Franclieu : 40
J.Martowitch : 17
F.Vasseur : 3
HB de Gazan : 4
A. de Montesquiou est élu au 1er tour sénateur du Gers ; Raymond Vall est élu sénateur du Gers au second tour.
Au fur et à mesure du dépouillement du 1er tour, il ne fait aucun doute que l’alliance radicale est en marche. Pour cela, il suffit de constater que plus de 80% voix obtenus par R.Vall le sont en ticket avec A. de Montesquiou.
Les voix de gauche, en grande majorité, se portent sur les candidats socialistes et communistes. Cependant, le 1er tour raisonne comme un coup de tonnerre ! Le second tour opposera un candidat Radical de Gauche à un candidat Socialiste, avec une droite rassemblée comme arbitre, qui avait déjà fait son choix au 1er tour. En regardant les résultats du 1er tour, le rassemblement des voix de gauche positionnées sur les candidats PS et PC n'était pas suffisant pour dépasser les voix de droite additionnées à la « frange » se reconnaissant dans les radicaux de gauche.
Quelques réflexions personnelles.
En ces Journées du Patrimoine, il a été impossible de sortir un « duc – sénateur » que l’on peut qualifier de « monument de la politique gersoise » :
Le Sénateur « Duc de Montesquiou » a réussi avec « sa » réserve parlementaire (4 millions d’€ d’après le Canard Enchaîné) a "vassalisé" une partie des Maires du Gers.
Cet « arrosage ciblé » sur tous les projets des communes (de la salle polyvalente aux petites cuillères de la crèche…), distribué par le seul « fait du prince », pose réellement un problème de contrôle démocratique de l'argent public.
Homme de réseau et de combines, maîtrisant la flatterie et les « honneurs » (une épingle par ici et une autre par là), spécialisé dans le coup de ciseaux des rubans « bleu blanc rouge » de toutes les inaugurations, il a entretenu une relation « particulière » avec la majorité des Maires ruraux, représentant 404 voix du collège électoral, qui lui "rendent bien"...
Ensuite, dans les communes où le scrutin est un peu plus « politique » (et non politisé comme certains le laisse entendre), c'est-à-dire que les élus assument leur positionnement politique sans pour autant faire preuve « d’ostracisme », il a toujours jouer sur l’ambiguïté de « sa » réserve parlementaire qu’il distribuait « sans couleur » politique, pour une fois de plus « troubler » le grand électeur dans un rapport « direct et à l’abri du regard» des citoyens !
D’où l’image du « monument historique » qui se confond avec une approche, malheureusement encore ancrée, de la « monarchie républicaine ».
Un « mélange chimique » vient de naître dans cette élection du 21 septembre 2008 : bienvenue en radicalisme gersois !
Quand les clivages politiques ne sont plus structurants dans une élection, la porte est ouverte à toutes les « combines » et encore plus avec un corps électoral sensible et fin connaisseur de tous ses petits arrangements…
En l’absence d’une représentation politique à droite et d’une gauche en « proie avec ses turpitudes », nous avons assisté à la renaissance d’un phénomène politique : le radicalisme gersois. « Gentil, flatteur, sans faire de politique » mais de droite ! En regardant de plus près la « représentation politique » des tickets radicaux : le sénateur sortant valoisien avait comme suppléant M.BROSETA, Maire d’Haulies et Président de la Communauté de Communes de Val de Gers, ancien soutien de Ségolène ROYAL et ancien membre du Mouvement Citoyen et Républicain (parti fondé par Chevènement) ; de l’autre côté M.VALL avait comme suppléant M.MELLIET, Maire de Lagraulet, et déclaré sans étiquette (comme 80% des maires du Gers).
Ne vous y trompez pas ! En ces temps d’ouverture présidentiel, de renvoi d’ascenseur élyséen sur le vote pour la réforme constitutionnelle, le Gers peut apparaître comme un territoire d’expérimentation. Quand les responsables de droite sont divisés, pour rassembler l’électorat proposer lui un « ticket radical ». Ainsi, l’électorat s’y retrouve et cela créé le trouble à gauche ! Pour gagner l’UMP dans le Gers ne doit pas présenter de candidat ayant son étiquette. Une fois élu dans la « Haute Assemblée », qu’ils soient radicaux « dit de droite » ou « dit de gauche », (ils siègent tous dans le même groupe politique, hérité de la IIIème République), ils voteront les lois de régression sociale et de casse territoriale, par obligation électoraliste, que proposera le gouvernement de Sarkozy.
En sport, à la fin d’un match on dit « bien joué » au gagnant qu’il ait réussi par un coup tactique ou grâce à son fond de jeu ! Là, c’est la même chose. Bien joué, par cette « combine électorale » vous avez troublé les clivages et vous avez emporté la mise…
Un « 21 avril » pour la gauche gersoise ?
Il faut éviter de voir ce 2ème échec consécutif aux élections sénatoriales dans le Gers comme une division à gauche. Certes, la gauche gersoise a pris un coup sur la tête dès la proclamation des résultats du 1er tour. En analysant à la fois le mode de scrutin, la sociologie électorale des communes rurales très majoritairement à droite, la relation « de 10 ans » entre les maires et leur sénateur avec ses « largesses financières avec sa réserve parlementaire », l’absence d’un vrai clivage politique (pour la clarté du débat d’abord et d’une continuité de positionnement au Sénat), il est vrai que la mission pour des candidats de gauche de se faire élire avec les voix de gauche et de rassemblement était difficile mais pas impossible. En effet, le collège électoral avait évolué positivement. Il y avait un espoir, une réelle opportunité. Bref, les combines, les rancoeurs, l’« ego » ont remplacé les débats et les engagements des candidats.
Voici ma description de l'élection sénatoriale du 21 septembre 2008. Tout ceci à l’abri des regards des citoyens, "confiné" à la Maison de Gascogne à Auch. Je devrais dire plutôt : c'était un autre 21…