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Dimanche 21 septembre 2008, quasiment à huit clos, 748 « grands électeurs » étaient convoqués à la Maison de Gascogne pour élire les deux sénateurs du Gers pour un mandat de 6 ans. Comme le hasard fait parfois bien les choses, cette journée du 21 septembre était à la fois une Journée du Patrimoine mais également la malheureuse date anniversaire de la catastrophe d’AZF qui avait eu lieu en 2001. Il n’existe aucun lien entre ces deux événements et le sujet de mon post… A priori, sauf si nous faisons travailler notre
imagination. Bref, nous y reviendrons.
En 2 posts, je vais revenir sur ce « moment confiné » de la démocratie gersoise, à l’abri des regards des citoyens.
Si comme moi, vous vous êtes levé tôt ce 21 septembre, hormis quelques chaînes d’information en continue ou des radios généralistes annonçant le renouvellement du dernier tiers des sénateurs, nous pouvons faire un constat : très peu de gersois, comme de français, pouvaient s’intéresser à cette élection, tant elle est réservée à des élus et réduite à un très petit nombre d’électeurs. Comment ça marche ? Quels ont été les résultats ? Que signifient-ils ? Pour répondre à ces questions et vous faire partager mon analyse, voici quelques réflexions.
1) Qui étaient les sénateurs sortants ? Quels étaient les candidats ? A quoi ça sert un sénateur ?
Le fonctionnement de nos institutions, régie par la constitution de 1958 établissant la Vème République, fait apparaître un pouvoir législatif opérant en deux chambres (système bicaméral). Ainsi, l’Assemblée Nationale et le Sénat représentent le parlement français. Les députés et les sénateurs ont l’initiative de la loi, du contrôle de l’action du gouvernement. Ils sont les représentants du peuple français !
Donc, un sénateur est un parlementaire. Il a plus particulièrement en charge les questions relatives à l’organisation administrative de la France, des rapports entre les collectivités locales et l’État.
Le Gers compte deux sénateurs. Les sortants étaient Messieurs Yves RISPAT (UMP) et Aymerie de MONTESQUIOU (Radical Valoisien). Ils avaient été élus en 1998, pour un mandat de 9 ans, qui a été allongé d’une année comme les mandats des conseillers municipaux et des conseillers généraux. En 10 ans, le Gers a changé puisque nous avons connus 2 renouvellements municipaux (2001 et 2008), 3 renouvellements cantonaux (2001/2004/2008), 2 élections législatives (2002 et 2007).
Voici les 12 candidats en présence : Hervé Bigaut de CAZANOVE (divers droite) ; Colette BASSAC (PC) ; Gérard MARCET (PC) ; Frédéric VASSEUR (FN) ; Aymeri de MONTESQUIOU (Parti Radical Valoisien) ; Raymond VALL (Parti Radical de Gauche) ; Jean Pierre PUJOL (PS) ; Robert PERRUSSAN (PS) ; Jean MARTOWICZ (Sans Etiquette) ; Douce de FRANCLIEU (Alternative Libérale)
1er fait marquant : Yves RISPAT, qui avait laissé entendre sa candidature, ne sera pas candidat. L’UMP, après quelques agitations autour de la candidature de Christiane PIETERS, Conseillère Régionale et candidate à l'investiture, ne sera pas représentée à cette élection.
2) Qu’est ce qu’un grand électeur ? Quel est le mode de scrutin ?
Les sénateurs sont élus dans chaque département au suffrage universel indirect par un collège électoral composé des députés, des conseillers régionaux élus dans le département, des conseillers généraux et des délégués des conseils municipaux. Dans le Gers, ils étaient 748 « grands électeurs ». 711 délégués représentaient les 463 communes gersoises auxquels il faut ajouter les 31 conseillers généraux, les 5 conseillers généraux, les 2 parlementaires… Et là, si vous faites l’addition vous vous apercevez que le résultat est de 749. Cela s’explique simplement : lors de la désignation des délégués des conseils municipaux le 27 juin dernier, une erreur a été commise. Un conseiller général, également maire, c’est fait désigner par le conseil municipal alors que la circulaire de la préfecture le mentionnait « noir sur blanc ». Personne n’est infaillible !
Le mode de scrutin : L’élection des sénateurs présente plusieurs particularités :
- Fait unique en droit électoral français, les électeurs sénatoriaux ont l’obligation de voter, sauf cause légitime, sous peine d’être condamné à une amende de 100 € par le tribunal de grande instance.
- Le vote est centralisé : il se déroule au chef lieu du département, sous l’autorité du président du tribunal de grande instance, assisté de deux juges désignés par le premier président de la cour d’appel.
Le mode de scrutin est variable en fonction du nombre de sièges à pourvoir. Le scrutin majoritaire s’applique pour les départements élisant 3 sénateurs ou moins. Le scrutin proportionnel s’applique dans les départements où sont élus quatre sénateurs ou plus. Le nombre de sénateurs est fonction de la population du département.
Ayant 2 sénateurs à élire, le scrutin majoritaire n’est pas un scrutin de liste mais un scrutin plurinominal. Ainsi, les candidatures peuvent être isolées et, si les candidats sont groupés en liste, celles-ci peuvent ne pas être complètes. De plus, les listes ne sont pas bloquées, l’électeur peut rayer les noms, en ajouter d’autres, voire opérer un panachage entre plusieurs listes. A l’issue du scrutin, le décompte des suffrages ne se fait pas par liste mais par nom. Ce scrutin, les électeurs de Lombez, comme la plupart des électeurs des communes du Gers, le maîtrise puisqu’il s’agit d’un « copier coller » du scrutin municipal.
Dans le prochain post : les résultats, les commentaires à froid du dépouillement et quelques réflexions...