Partager des passions, confronter des réflexions, construire des projets, développer l'esprit citoyen, militer, s'engager en politique, mieux vivre à Lombez, en Savèset sur le canton de Lombez
Le Parti Socialiste est entré dans sa première phase du Congrès de Reims du mois de Novembre prochain après les débats sur la déclaration de principes et les modifications statutaires. Je vous propose le texte d'une sensibilité du PS à laquelle j'appartiens. Il s'agit de Rénover Maintenant, dont le responsable est Arnaud MONTEBOURG. Ce texte est un résumé de la situation de notre parti politique telle que je peux la percevoir, l'analyser et partager les orientations futures. Je vous livre le texte :
"Après une nouvelle défaite présidentielle, notre prochain Congrès doit être celui du redémarrage. Dans un contexte économique et social difficile pour de nombreux français et tout particulièrement pour les couches populaires dont nous devons être les porte parole, les mois de réflexion qui nous séparent de Novembre doivent être consacrés a un examen collectif profond des causes qui nous conduisent répétitivement a l’échec. Mais, à la différence des échecs présidentiels précédents nous ne pourrons nous contenter d’une analyse franco-française car, pour la 1ère fois depuis longtemps, c’est toute la social démocratie européenne qui souffre, écartée du pouvoir dans le Nord de l’Europe, en Italie, en Allemagne et très affaiblie en Angleterre. Partout les partis de gauche gouvernementaux souffrent, leur capacité a incarner concrètement les idéaux de justice sociale, de lutte contre les inégalités et de protection des plus faible est en recul, tandis que réapparaissent des formations de gauche de la gauche(Allemagne, Italie) que, par une curieuse inversion des rôles des formations de droite dure reprennent les thèmes traditionnels de la gauche : État providence, valeur travail (Pays Bas, Suède)et que les partis sociaux démocrates classiques peinent a penser la nouvelle synthèse sociale -écologique indispensable aux années qui viennent.
La nouvelle déclaration de principe du PS aurait pu être le point de départ de la période qui s’ouvre. Mais, à vouloir apporter dans la précipitation des réponses avant que nous ne nous posions les bonnes questions, elle s’est avérée une occasion manquée. Tout n’y est pas raté, et la voie d’une "démocratie sociale et écologique de marché », quoique abstraite, correspond bien a ce que devrait être notre projet de société. Pour autant, ressort avant tout de cette nouvelle déclaration notre volonté de reconnaître le marché et d’abandonner toute voie révolutionnaire ce qui satisfait les éditorialistes, mais relève plus du folklore que du bouleversement idéologique.
Dès lors tout reste à penser : la nouvelle grille de lecture de la réalité de la mondialisation d’aujourd’hui(celle qui ne profite plus seulement à quelques grands groupes occidentaux comme il y a 10 ans mais voit émerger de puissants concurrents dans les économies émergentes) l’analyse de la paralysie de nos instruments traditionnels de redistribution, le rôle de l’État, le contenu du pacte social auquel s’identifie les Français, la réflexion pour imaginer dès à présent la société sans pétrole, les voies et moyens de l’invention d’une Mondialité soucieuse de développement humain durable face à la mondialisation libérale qui organise les confrontations sur tout les plans. On voit bien l’importance du travail à engager et la puissance de l’effort de réflexion qu’il faudra déployer. Pour nous, le Congrès doit établir la feuille de route de ce travail, définir son cadre idéologique, en préciser la méthode et le calendrier (24 mois ?). S’il faisait cela, le congrès serait pleinement réussi.
D’autres, plus pressés, préféreraient un congrès d’ordre. Nous devrions dès à présent arbitrer entre présidentiables, porter l’un d’eux à notre 1er secrétariat, nous ranger en ligne derrière lui et espérer de ce dispositif de soumission qu’il nous conduise au succès en 2012. Arrêter de penser dès aujourd’hui pour suivre le leader désigné : c’est exactement de cette façon que les baleines organisent leur suicide.
L’autre priorité concerne la construction du Nouveau parti socialiste, puisque c’est bien ainsi qu’on doit nommer le nouveau parti qui naîtrait de la lever de l’hypothèque de la désignation en interne de notre candidat à l’élection présidentielle.
Nous proposons de bâtir un nouveau Parti Socialiste qui, tout en intégrant pleinement la logique de l’élection présidentielle, refuse d’y soumettre nos fonctionnements internes. Cette voie fait le pari que la force des débats qui s’engagent dans la société, au moment de l’élection présidentielle, est un point d’appui essentiel pour donner un souffle nouveau à nos idéaux et repenser notre parti.
Pour cela, nous entendons confier à des élections primaires à la française la désignation du candidat à l’élection présidentielle. Organisée 12 mois avant l’élection, cette désignation « populaire », outre la dynamique qu’elle créera, libèrera le Parti socialiste des combats sclérosants de l’investiture.
N’ayant plus à investir lui-même le candidat, le Parti socialiste pourra consacrer toute son énergie à la rénovation afin de devenir le fer de lance idéologique, programmatique et idéologique du futur candidat. Pour cela, il devra se doter d’outils pour s’ancrer davantage dans la société à partir d’une force militante renouvelée (organisation de ses relais dans le monde économique et les services publics ; réappropriation de la coordination directe de ses élus locaux ; développement des liens avec les acteurs associatifs) ; travailler à penser les évolutions de la société à moyen terme en créant un outil de réflexion ambitieux ; développer des services pour sa base sociale (assurances, mutuelles), voire aider à la constitution d’outils financiers d’investissements sociaux lui permettant de prendre des participations financières minoritaires pour contribuer à des objectifs précis (émergence de nouvelles formes économiques, pluralisme dans les médias). À côté de ces missions nouvelles, il continuera bien sûr à définir les orientations et à investir les candidats pour les élections locales et législatives.
Reprécisant aussi en profondeur son rôle et ses moyens d’actions, le Parti Socialiste pourra engager un renouveau militant et devenir durablement le pôle qui tirera l’ensemble de la gauche vers les succès, s’élargir progressivement pour devenir le parti de toute la gauche et rester ainsi la pépinière d’où émergera le futur candidat. Dans tous les cas, ce travail à engager dépasse de beaucoup la rénovation et s’apparente beaucoup plus à une refondation. C’est l’utilité même du Parti socialiste, dans sa forme actuelle, que la succession des échecs présidentiels oblige à affronter."