Voici le 5ème acte de cette rubrique "la parole à" Jean Jacques LASSAVE, Maire de Lombez qui a réalisé son compte rendu de mandat. Aujourd'hui, la période 1995 - 2001 : 4ème mandat de Maire et 3ème mandat de Conseiller Général. Bonne lecture.
"A nouveau candidat aux municipales de 1995, je repartais avec de nouveaux colistiers : nous avons eu le même succès ! Messieurs FEUILLERAT, DARNAUD, LABATUT et Madame BASSAT furent élus adjoints. Ayant pris ma retraite agricole et abandonné la présidence de la Coopérative Agricole, j’étais un peu plus disponible.
Pendant ce mandat, j’étais élu Président du Syndicat des Eaux regroupant 59 communes. 15 ans plus tôt, lors de la construction d’une station de traitement, j’avais demandé s’il n’était pas possible de se connecter au Syndicat de la Barousse, alimenté par des sources de montagne. À cette époque, je m’étais fait « traiter de doux rêveur ». Comme il était question de réaliser une nouvelle station, j’ai demandé au Comité Syndical l’autorisation de prendre contact avec le Président de la Barousse pour voir si mon rêve d’hier pouvait devenir réalité. Les contacts furent positifs : restaient à convaincre les administrations, les collectivités locales et surtout la Compagnie Générale des Eaux, fermière du réseau. Ce projet s’étala sur une période de trois années avec parfois des périodes de découragement provoquées par les pressions de ceux qui ne voulaient pas perdre les avantages financiers de la gestion de l’eau sur notre territoire. Le contrat de fermage liant le Syndicat et la CGE prenait fin en 2002, la possibilité de le résilier me facilita la tâche.
Personnellement, il me semblait évident et plus logique, d’aller chercher l’eau pure en amont, plutôt que de la traiter quand elle était polluée en aval. L’appui total des élus concernés et d’autres intéressés par le projet nous permirent d’aboutir. Je suis assez fier aujourd’hui d’avoir mené ce combat pour une eau de qualité venant des sources, par simple gravité, exempte de traitements. 30 000 Gersois bénéficient de cette réalisation hors du commun. « La cerise sur ce gâteau » fut la construction de l’antenne gersoise à Lombez avec 45 emplois qui font le bonheur de nombreux jeunes de la région.
Dans le même temps, je me retrouvais président du SIVOM, responsable de l’entretien de la voirie des 39 communes de Lombez- Samatan. Lourde charge que j’essayais d’assumer dans l’intérêt général en modernisant et en motivant le personnel, je crois à la satisfaction des élus concernés.
Le projet de centre de vacances des Hollandais prenait forme malgré de nombreuses difficultés et oppositions. Face à cette forme d’immobilisme, j’ai su gagner ce nouveau pari. Ce sont 180 maisons qui étaient construites à proximité du château, ce dernier rénové et transformé en restaurant et salles de conférence, avec piscines, terrains de tennis, volley et pétanque. Plus tard, la construction d’un golf donna à cet ensemble une unité touristique enviée.
Comme la population de Lombez augmentait, les enfants étaient plus nombreux, nous décidions de construire des nouvelles classes, une cuisine, un réfectoire, un préau et une grande cour dans le jardin de l’ancienne école face au jardin de l’Hôpital. Les résidents à l’ombre des cèdres séculaires prenaient plaisir à voir jouer les enfants et à leur raconter l’époque de leur jeunesse.
Pour des raisons de sécurité et pour pérenniser l’activité de la SAGICOOP, menacée de fermeture, nous fûmes obligés de modifier le tracé de la route de Vignole qui traversait la coopérative. Je remercie tous les propriétaires concernés qui ont accepté de négocier à l’amiable leurs terrains pour construire le nouveau tracé que nous connaissons aujourd’hui.
En 1998, j’étais à nouveau candidat aux élections cantonales. J’ai eu la chance de siéger dans une nouvelle majorité de gauche au Conseil Général du Gers avec un nouveau président : Philippe MARTIN. Élu Vice-Président délégué j’ai été responsable des finances, des marchés publics et des commissions paritaires. Malgré une charge de travail importante, en contrepartie, j’ai eu plus de facilité pour défendre les dossiers structurants de Lombez et de son canton : l’eau de la Barousse, l’éclairage des terrains de sport, la Maison des Écritures, la piste cyclable entre le château de Barbet et la base de loisirs de Samatan, l’inscription de Lombez au programme des villages de caractère.
C’est à cette période que j’abandonnais la présidence de l’Hôpital. Ayant été mis en minorité au conseil d’administration avec la complicité d’un délégué du Conseil Municipal, sur un projet de construction en face de la nouvelle école, sur le seul espace vert qui égayait la vie des résidents. Il occultait tout ce qui faisait le charme de ce site, alors qu’avec l’ancien directeur nous avions un projet intéressant dans le prolongement des deux précédents pavillons. J’ai préféré démissionner pour ne pas cautionner ce qui me semblait être une hérésie.
Je pense avoir payé à cette occasion la jalousie de ma réussite, peut être aussi les ennuis financiers précédents de la commune. Le Conseiller Municipal délégué devenu opposant, prit la Présidence de l’Hôpital, sans abandonner les avantages dus à sa profession."